Testament de Jean Jacques Pasteur (1680-1746)

Au nom de Dieu, Amen. Come il est ordonné à tous les hommes de mourir une fois et que la mort nous est incertaine, c’est pourquoy après avoir recomandé mon Âme à Dieu mon Créateur qui me reçoive à la fin de mes jours dans Son paradis, et que ne sachant ni le jour ni l’heure à laquelle j’y seray appelé et que par sa Divine Miséricorde me trouvant de bon sens, mémoire et jugement, j’ay bien voulu pour cet effet écrire de ma propre main sans sollicitation mon Testament et dernière Volonté. Come suit.

Premièrement pour les pauvres quatre bâches.

J’ordonne pour la Jeanne, mon lit tout garni, six linceuls, quatre napes et quatre essuemains, la marmite à grandes jambes, le garderobe du poile, six cuillères d’étein neuf.

J’ordonne pour mon petit fils Jean Jacques, mes vieux habits et quatre chemises et quatre gravattes.

J’ordonne à la Jeanne le bafsin d’étein marqué Ja, j’ordonne le grand cassoton de fonte avec le grand coffre de noyer qu’il y a à la chambre d’enhaut. L’autre coffre à Jeanne Susanne.

J’ordonne mon Cabinet de Médecine avec tout ce qui appartient avec, à Jean François, mon petit-fils, mais j’entends que le père le jouïra pendant sa vie et Jean François aufsi. Le rosaire et le tonneau qui vient avec pour distiller, l’étuy de mon garderobe pour Jean Vincent avec la tabatière d’Yvoire et ma gravatte brodée, mon petit coffre du cabinet avec tous les livres.

J’ordonne à ma belle-fille Luison ma tabatière d’argent et la cloche et la poile à poisson sans que personne aye à lui demander la moindre des choses de ces deux articles. Tous mes couteaux et fourchettes sont pour Jean Vincent, j’ordonne toute fustaillerie à Jean Vincent.

Le petit cassoton de fonte à Jean Abram, fils de Jean Vincent et les deux plats d’Etaine d’Etain au défunt Jean François que j’ordonne pour tant de peines que Jean Vincent a pris après luy jour et nuit.

Tout le reste du ménage je l’ordonne à Jean Vincent, mais il payera de peu à peu les 26 Ecus blancs come je les ay recu come il est marqué cy-dessus à mon petit-fils, fils de Philippe son frère, et j’ordonne encor que tous ceux qui voudront avoir part de mes effets payent autant que Jean Vincent et n’en laissera sortir aucune chose qui n’aye l’argent sur la main. Quant à moy je ne leur ordonne aucune chose que ce soit ni à Pierre ni à Henry tout du long de ma maladie ne sont venus me dire que faites vous.

Je laisse à la Volonté de Jean Vincent pour le petit d’Yverdun si luy veut donner une brique en souvenance de la maison.

Voulant et entendant que le dit Testament aye son plein et entier effet car telle est ma dernière Volonté.

Ainsi fait et écrit et signé de ma propre, le 4e octobre 1746.

Signé : Jean Jacques Pasteur
Omologué en Conseil le 6e janvier 1747

Source: ACV, Bg 13 bis/7, fo 118

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