Décès de Charles Pasteur (1827-1875)

Mme veuve Pasteur et ses enfants informent leurs amis et connaissances de la perte douloureuse qu’ils viennent d’éprouver en la personne de M. Charles Pasteur, leur époux et père, décédé le 21 courant dans sa 48e année.

Le départ aura lieu de la maison mortuaire, Petite Corraterie, n° 23, le mardi 23 courant, à 5 heures.

Les sapeurs-pompiers des communes sont priés de se joindre à leurs collègues de la Ville pour assister en tenue au convoi funèbre de M. Ch. Pasteur, ancien commandant du corps.

Le rendez-vous est place du Molard, mardi 23 courant, à 4 h.½ précises.
Le Commandant, L. Liodet.

Messieurs les membres de la Société Militaire sont priés d’assister au convoi funèbre de M. le commandant Ch. Pasteur. Le départ aura lieu mardi 23 courant, à 5 heures, de la maison mortuaire, Corraterie, 21. L’honneur se rendra au retour.
Le Président, A. Diodati.

Les sauveteurs auxiliaires sont priés de se rencontrer mardi 23 courant, à 4 h.½ place du Molard, pour faire honneur au convoi funèbre de M. Charles Pasteur, ancien commandant des sapeurs-pompiers.
Le Président, L. Hensel.


Dimanche nous avons encore perdu, dans la force de l’âge, l’un de ces bons et modestes citoyens qui, animés uniquement du sentiment du devoir, vouent une grande partie de leur temps de la manière la plus désintéressée à la chose publique.

Charles Pasteur, ancien commandant du corps des sapeurs pompiers de la ville de Genève, décédé à la suite d’une douloureuse maladie, était né en 1827 et était par conséquent âge de 48 ans. Après plusieurs années de service dans l’infanterie du contingent, il était entré comme sous-lieutenant dans ce corps en 1853, après un brillant examen, et pendant les vingt années qui ont suivi, il n’est pas d’incendie de quelque gravité dans lequel il n’ait été appelé à se trouver sur le lieu du sinistre ; il était, en passant par tous les grades, arrivé en 1871 à celui de commandant, après avoir dirigé déjà pendant dix-huit mois le bataillon comme major. Le 13 novembre 1871, lors de ce terrible incendie du Grand Quai, dont se souviennent tous les habitants de notre ville, il n’eut pas moins de 78 pompes sous ses ordres.

En cette occasion, le commandant Pasteur donna le preuve qu’il possédait toutes les qualités nécessaires à un officier supérieur de sapeurs-pompiers, le calme, la justesse du coupe d’œil, et surtout l’énergie pour faire exécuter ses ordres.

Peu de temps après, il fut victime d’un accident, qui le contraignît à quitter ses fonctions, et vers 1873, il demanda et obtint d’être mis à la suite. Il laisse au corps les meilleurs souvenirs et un excellent exemple.

Journal de Genève, 23 mars 1875

 

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